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C’était un bon point d’appui.Les bâtiments qui descendaient pour gagner la mer chargés de farine,tombent en notre pouvoir ainsi que deux bâtiments chargés d’anguilles etde poissons. Nous en eûmes un bâtiment à notre discrétion, et nous enmangeâmes à toutes sauces.Lorsque les Vénitiens eurent soif, ils vinrent faire de l’eau et legénéral en eut tout ce qu’il voulut; il nous avait promis trois francspar jour, mais les comptes furent bientôt réglés; il ne donna pas un souet envoya tout chez lui. Puis le général Clausel prit le commandement.Nous restâmes peu de temps; Mantoue se rendit, nous vîmes passer sagarnison, et nous eûmes ordre de partir pour Vérone pour célébrer lapaix.Dans cette place, qui est magnifique, on nous lit à l’ordre du jour quenotre demi-brigade était désignée pour Paris. polo ralph lauren homme
Quelle joie pour nous!Nous traversâmes tout le pays d’Italie; l’on ne peut rien voir de plusbeau jusqu’à Turin; c’est magnifique. Nous passâmes le Mont-Cenis, nousarrivâmes à Chambéry, et de Chambéry à Lyon.Lorsque notre vieux régiment arriva sur la place Bellecourt, tous lesincroyables avec leurs lorgnons nous demandaient si nous venionsd’Italie. Nous leur disions: «Oui, messieurs!–Vous n’avez pas lagale?–Non, messieurs!»Et refrottant leurs lorgnons sur leurs manches, ils nous répondaient:«C’est incroyable!»Ils ne voulaient pas nous loger en ville, mais le général Leclerc lesforça à nous donner des billets de logement, et de suite il fut accordésept congés par compagnie des plus anciens. Quelle joie pour ces vieuxsoldats! Jamais le Consul n’en a tant donné que cette fois. Le lendemainon nous annonça que nous n’allions pas à Paris comme nous comptions,mais bien en Portugal. Le général nous comprit dans les quarante millehommes de son armée; il fallut se résigner et partir dans un étatdéplorable (des habits faits de toutes pièces). ralph lauren pas cher Nous partîmes pour Bayonne; cette route fut très longue; nous souffrîmesdes chaleurs; enfin nous arrivâmes au pont d’Irun.Nos camarades furent dénicher un nid de cigognes et prirent les deuxpetits. Les autorités vinrent les réclamer au colonel; l’alcade lui ditde les rendre parce que ces animaux étaient nécessaires dans leur climatpour détruire les serpents et les lézards, qu’il y avait peine degalères dans leur pays pour qui tue les cigognes. Aussi l’on en voitpartout; les plaines en sont couvertes, et elles se promènent dans lesvilles; on leur monte de vieilles roues sur des poteaux très élevés, etelles font leurs nids sur les pignons des édifices.Arrivés à notre première étape, nos soldats trouvèrent du vin de Malagaà trois sous la bouteille et ils en burent comme du petit-lait; ilstombèrent morts-ivres. Il fallut mettre des voitures en réquisition pourles charger comme des veaux (ils étaient comme morts). Au bout de huitjours il fallut faire manger nos ivrognes, la soupe ne restait pas dansleurs cuillers. polo ralph lauren pas cher
Le soldat ne pouvait pas boire sa ration, tant le vinétait fort.Nous arrivâmes à Victoria, jolie ville; de là, à Burgos, et de Burgos àValladolid, belle grande ville où nous restâmes longtemps dans lavermine. C’est les poux qui font les lits des soldats à force de remuerla paille qui ressemble à de la balle. Les trois quarts des Espagnolsprennent les poux à pincée, et les jettent par terre en disant: «Celuiqui t’a créé, qu’il te nourrisse!»–Voilà ce sale peuple.J’eus le bonheur d’être sapeur; j’avais un collier de barbe très long,et je fus choisi par le colonel Lepreux. Je fus habillé à neuf (petiteet grande tenue) et nous fûmes logés chez le bourgeois où nous pûmesnous débarrasser de la vermine, mais il fallait bien se renfermer decrainte d’être égorgés la nuit.Me promenant le long de la rivière, je rencontrai deux prêtres françaisémigrés qui étaient dans un état de misère complète; ils m’accostèrentpour me demander des nouvelles de France.

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