lisent. SAC VANESSA BRUNO LIN

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Dans son Avis duSaint-Esprit, il déclare avoir la clef de l’Apocalypse et propose auroi de lever une armée de cent quarante-quatre mille hommes qui, sous laconduite de Louis XIV, exterminera l’hérésie.Nicole répondit en 1664 et 1665 par dix lettres volantes intituléesLettres sur l’hérésie imaginaire et, en 1666, par huit autres lettresqu’il appela Visionnaires par allusion à la comédie et au caractère deDesmarets. Dans la première des Visionnaires, il reproche en cestermes à Desmarets ses premiers ouvrages: Chacun sait que sa première profession a été de faire des romans et des pièces de théâtre, et que c’est par là où il a commencé à se faire connaître dans le monde. Ces qualités, qui ne sont pas fort honorables au jugement des honnêtes gens, sont horribles étant considérées selon les principes de la religion chrétienne et les règles de l’Évangile. Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes des fidèles, qui se doit regarder comme coupable d’une infinité d’homicides spirituels, ou qu’il a causés en effet, ou qu’il a pu causer par ses écrits pernicieux. Plus il a eu soin de couvrir d’un voile d’honnêteté les passions criminelles qu’il y décrit, plus il les a rendues dangereuses et capables de surprendre et de corrompre les âmes simples et innocentes. Ces sortes de péchés sont d’autant plus effroyables qu’ils sont toujours subsistants, parce que ces livres ne périssent pas et qu’ils répandent toujours le même venin dans ceux qui les lisent. SAC VANESSA BRUNO LIN
Voilà le passage complet. Racine n’y était pas visé personnellement.Quand il l’eût été, il devait se taire. Il avait envers ces messieursles plus impérieux devoirs de reconnaissance. Il avait été l’enfantchéri de Port-Royal, l’élève de Nicole, le «petit Racine» de M. AntoineLemaître. Dans cette page, d’ailleurs, Nicole n’exprimait rien denouveau: il rappelait simplement l’éternelle doctrine de l’Église. sac vanessa bruno cuir prix Laquerelle de l’Église et du Théâtre n’a pour ainsi dire jamais cessé auXVIIe siècle (M. Abel Lefranc en a fait, l’an dernier, une histoire trèsexacte). La vie des neuf dixièmes des chrétiens, au XVIIe siècle et danstous les temps, n’a jamais été ni pu être qu’un compromis–généralementdénoncé et expié à l’heure de la mort–entre la nature, les plaisirs,les commodités ou les exigences de la vie sociale–et la strictedoctrine de l’Église,–et, si vous voulez, entre le paganisme et lechristianisme. (Vous connaissez ces jolis vers diaboliques deSainte-Beuve: Paganisme immortel, es-tu mort? On le dit, Mais Pan tout bas s’en moque, et la Sirène en rit.)Racine sait bien que, sur ce sujet, Port-Royal ne peut parler autrementqu’il ne fait. Même, au fond, je crois, cela lui est assez égal que desaints hommes, qui doivent nécessairement penser et parler ainsi, luidisent qu’il corrompt les âmes simples et qu’il est coupable d’uneinfinité d’homicides spirituels. Ce sont crimes qu’il porte légèrement. sac vanessa bruno gris
Dans sa réplique à la réponse de Racine, Goibaud du Bois touchera justequand il lui dira: Je vois qu’on vous fâche quand on dit que les poètes empoisonnent: et je crois qu’on vous fâcherait encore davantage, si l’on vous disait que vous n’empoisonnez point, que votre muse est une innocente, qu’elle n’est capable de faire aucun mal, qu’elle ne donne pas la moindre tentation, et qu’elle laisse le cœur dans le même état où elle le trouve.Pourquoi donc Racine est-il si fort ulcéré?Relisons le passage de Nicole. Ce qui pique Racine au vif et ce quil’exaspère, ce ne sont point des excommunications dont il a l’habitude;ce n’est même pas la publicité de cette excommunication générale, nil’idée que le public lui en fera peut-être l’application: c’est unepetite incise,–une épine secrète–qu’on ne remarque pas tout d’abord,et que je vous rappelle donc: Ces qualités (d’un poète de théâtre), qui ne sont pas fort honorables au jugement des honnêtes gens, sont horribles selon les principes de la religion chrétienne.«Horribles», cela n’est rien; ce sont façons dévotes de parler. Mais cemot méprisant: «Qui ne sont pas fort honorables aux yeux des honnêtesgens,» voilà qui fait plaie, car cela l’atteint dans ce qu’il a de plustendre: dans son orgueil, et dans sa vanité aussi. On veut bien êtredamné, on ne veut pas être dédaigné. C’est, j’en suis persuadé, surtoutpour ce mot que Racine écrit sa première réponse.

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